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2005 : Salon du livre "Itinérances : Itinérance choisie, itinérance subie"

 

LA CULTURE TSIGANE A L'HONNEUR



source photo : http://mayvon.chez.tiscali.fr



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www.photographs-auteurs.com

Quelques repères historiques : En 1971, les Tsiganes, les Gitans, les Gypsies, les Manouches, les Sinti et tous ceux que l'on appelle Bohémiens ont décidé, comme ils formaient le même peuple d'être désignés par un nom unique auprès de l'O.N.U. et des gouvernements des pays du monde. Ils ont choisi le nom de Roma qui existe dans la plupart des dialectes avec des sens voisins.

Les Roma se sont choisi un drapeau. La moitié inférieure est verte comme les prairies de la terre. La moitié supérieure est bleue comme le ciel. Au centre est dessinée une roue rouge. Cette roue ou chakra existe aussi sur le drapeau de l'Inde. Le chakra représente à la fois le dieu solaire dans anciens Indo-Européens, la roue de la fortune et celle des chariots et des roulottes. Les Roma demandent à être considérés par tous les gouvernements du monde comme une nation, même s'ils n'ont pas de territoire. Les Roma sont à présent répandus sur les cinq continents.

Leur histoire commence il y a environ 6000 ans. Ils ne s'appellent pas encore Roma. Ils vivent dans les plaines du sud de l'actuelle Russie, sur un territoire allant au moins de la mer Baltique à la Chine, mais surtout entre la mer Caspienne et les Monts du Pamir. Puis il y a environ 5000 ans ces Indo-Européens s'installent en Inde du Nord. Il y a environ 1200 ans, certains quitteront l'Inde du Nord et se déplaceront vers l'Ouest. Ces Indiens immigrés s'appelleront alors entre eux : les Roms. Ils semblent être arrivés en France le 22 août 1419 près de Mâcon, à Châtillon-en-Dombes. Ils venaient d'Allemagne ou de Suisse. Ils avaient des chevaux mais pas de chariots et dormaient à la belle étoile. Ils ont exercé des professions liées au métier de militaire : maître d'escrime, maréchal-ferrant, palefrenier, etc... Les rois de France ont toujours cherché à les expulser. Louis XIV donnait 24 livres pour un Rom mort ou vif et 9 livres pour une Romni. Il était interdit aux Français de leur acheter ou de leur vendre quoi que ce soit.

Au-delà des péjugés : Leurs traditions et modes de vie si différents des nôtres et la crainte qu'ils inspirent, nourrie de préjugés solidement ancrés rendent souvent difficile leur cohabitation avec les populations sédentaires. Les Tsiganes, les Gens du voyage suscitent le rejet le plus large. A l'inventaire des préjugés, ils se trouvent largement en tête : la seule arrivée de gens du voyage dans une ville suscite les pires craintes pour la sécurité des biens et des personnes. Et même si des éléments objectifs prouvent que la délinquance des gens du voyage ne présente pas un taux différent de celui de la population sédentaire, les tensions qui peuvent naître de leur présence se soldent trop souvent par l'intervention des élus et des agents de la force publique pour les chasser. L'urbanisation galopante a peu à peu grignoté les espaces susceptibles de les accueillir et l'amélioration globale des conditions de vie des populations sédentaires a creusé un peu plus le fossé de l'incompréhension qui les sépare de leurs modes de vie.

Les succès médiatiques de leurs musiciens, peintres, écrivains ou poètes peuvent nous aider à mieux apprécier leurs valeurs culturelles si différentes des nôtres, mais ils ne masquent pas les difficultés qu'ils rencontrent en vivant quotidiennement leur tradition pluriséculaire du voyage. C'est à quoi, modestement, nous nous proposons d'oeuvrer en ces journées de la cinquième édition du Salon du Livre.

 

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