| LA
CULTURE TSIGANE A L'HONNEUR
Quelques repères
historiques : En 1971, les Tsiganes, les Gitans,
les Gypsies, les Manouches, les Sinti et tous ceux que
l'on appelle Bohémiens ont décidé,
comme ils formaient le même peuple d'être
désignés par un nom unique auprès
de l'O.N.U. et des gouvernements des pays du monde.
Ils ont choisi le nom de Roma qui existe dans la plupart
des dialectes avec des sens voisins.
Les Roma se sont choisi
un drapeau. La moitié inférieure est verte
comme les prairies de la terre. La moitié supérieure
est bleue comme le ciel. Au centre est dessinée
une roue rouge. Cette roue ou chakra existe aussi sur
le drapeau de l'Inde. Le chakra représente à
la fois le dieu solaire dans anciens Indo-Européens,
la roue de la fortune et celle des chariots et des roulottes.
Les Roma demandent à être considérés
par tous les gouvernements du monde comme une nation,
même s'ils n'ont pas de territoire. Les Roma sont
à présent répandus sur les cinq
continents.
Leur histoire commence
il y a environ 6000 ans. Ils ne s'appellent pas encore
Roma. Ils vivent dans les plaines du sud de l'actuelle
Russie, sur un territoire allant au moins de la mer
Baltique à la Chine, mais surtout entre la mer
Caspienne et les Monts du Pamir. Puis il y a environ
5000 ans ces Indo-Européens s'installent en Inde
du Nord. Il y a environ 1200 ans, certains quitteront
l'Inde du Nord et se déplaceront vers l'Ouest.
Ces Indiens immigrés s'appelleront alors entre
eux : les Roms. Ils semblent être arrivés
en France le 22 août 1419 près de Mâcon,
à Châtillon-en-Dombes. Ils venaient d'Allemagne
ou de Suisse. Ils avaient des chevaux mais pas de chariots
et dormaient à la belle étoile. Ils ont
exercé des professions liées au métier
de militaire : maître d'escrime, maréchal-ferrant,
palefrenier, etc... Les rois de France ont toujours
cherché à les expulser. Louis XIV donnait
24 livres pour un Rom mort ou vif et 9 livres pour une
Romni. Il était interdit aux Français
de leur acheter ou de leur vendre quoi que ce soit.
Au-delà
des péjugés : Leurs traditions
et modes de vie si différents des nôtres
et la crainte qu'ils inspirent, nourrie de préjugés
solidement ancrés rendent souvent difficile leur
cohabitation avec les populations sédentaires.
Les Tsiganes, les Gens du voyage suscitent le rejet
le plus large. A l'inventaire des préjugés,
ils se trouvent largement en tête : la seule arrivée
de gens du voyage dans une ville suscite les pires craintes
pour la sécurité des biens et des personnes.
Et même si des éléments objectifs
prouvent que la délinquance des gens du voyage
ne présente pas un taux différent de celui
de la population sédentaire, les tensions qui
peuvent naître de leur présence se soldent
trop souvent par l'intervention des élus et des
agents de la force publique pour les chasser. L'urbanisation
galopante a peu à peu grignoté les espaces
susceptibles de les accueillir et l'amélioration
globale des conditions de vie des populations sédentaires
a creusé un peu plus le fossé de l'incompréhension
qui les sépare de leurs modes de vie.
Les succès médiatiques
de leurs musiciens, peintres, écrivains ou poètes
peuvent nous aider à mieux apprécier leurs
valeurs culturelles si différentes des nôtres,
mais ils ne masquent pas les difficultés qu'ils
rencontrent en vivant quotidiennement leur tradition
pluriséculaire du voyage. C'est à
quoi, modestement, nous nous proposons d'oeuvrer en
ces journées de la cinquième édition
du Salon du Livre.
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